Impression 3D : l’avenir des lunettes ?

Depuis quelques années, le marché de l’impression 3D a considérablement évolué. Il croît de plus de 20% par an notamment grâce à la baisse du prix des imprimantes maintenant accessibles au grand public mais aussi grâce à une progression technique des imprimantes professionnelles. Quelles pourraient être l'avenir du secteur de l'optique compte tenu des progrès faits en impression 3D ? Zoom sur le sujet.

LUNETTES IMPRESSION 3D

Le principe de l’impression 3D

La fabrication additive, appelée plus communément l’impression 3D, permet de produire un objet réel à partir d’un fichier informatique. Plusieurs techniques d’impression existent, mais le principe reste le même : superposer des couches de matières jusqu’à obtention de l’objet désiré.

Au départ, il existe deux grandes familles de matières premières utilisées pour les impressions 3D : les plastiques et les métaux. Mais la technologie se développant très vite, il est désormais possible d’utiliser des céramiques et même des matières organiques telles que la cire ou des tissus humains.

Offrant de multiples possibilités, l’impression 3D a déjà fait son entrée dans le monde de l’optique.

L’impression 3D appliquée à l’optique
 

  • Le prototypage

Le premier usage de cette technique dans le domaine de l’optique est le prototypage. Elle permet des réalisations rapides et à faible coût de maquettes plus précises qui donnent un bon aperçu de la monture finale.

 impression 3D fonctionnement

  • Le sur-mesure

L’impression 3D offre également des promesses en termes de design et d’ultra-personnalisation, permettant de créer des produits aux formes complexes et originales jusqu’alors impossibles à réaliser avec des méthodes de fabrications traditionnelles.

Grâce à des mesures précises, les montures imprimées en 3D peuvent s’adapter à la morphologie des visages, assurant alors un confort optimal sur le nez et au niveau des tempes. Cette technologie ouvre également des portes dans le domaine des équipements optiques adaptés aux personnes atteintes de malformation.

L’imprimante 3D peut également servir à la fabrication de pièces détachées. L’opticien pourra alors faire le service après-vente pour un changement de branche cassée par exemple.

  • Les projets existants

Certaines sociétés utilisent déjà l’impression 3D, notamment à l’étranger comme la startup Protos Eyewear située en Californie. Elle propose déjà des lunettes sur mesure imprimées en 3D avec des montures en matériau composite à base de plastique particulièrement résistant et flexible. Ces matières sont inoxydables et antiallergiques.

Le designer belge Patrick Hoet, en collaboration avec la société Melotte, a quant à lui mis sur le marché les premières montures de lunettes en titanium imprimées en 3D.

  • Les limites

Si comme on vient de le voir, l’impression 3D offre de nombreuses perspectives dans le domaine de l’optique, quelques limites persistent encore.

La matière première, en plus de la finition, crée des difficultés dans la pose des verres. En effet, le plastique perd toute forme lorsqu’il est chauffé et qu’il atteint son point de malléabilité. Si pour le prototypage cela ne pose pas trop de problème, pour un produit fini cette éventuelle déformation n’est pas envisageable.

Si cette innovation ne remplacera jamais l’œil et le savoir-faire des opticiens, il faudra surement compter sur elle dans les années à venir…