Portrait d’ opticien : dans les yeux de Richard Tzaroukian

Richard Tzaroukian est Opticien Krys depuis 30 ans. Son magasin est ouvert dans la même profession aux Lilas depuis plus de 100 ans. Il partage son emploi du temps entre sa boutique de la région parisienne, sa spécialité d’optométriste au Centre Hospitalier National d’Ophtalmologie des Quinze-Vingts à Paris où il adapte des lentilles sur des personnes qui ont des pathologies compliquées et ses missions de formation en optique de contact au sein de Krys. Cet opticien énergique et spontané nous a grand ouvert les portes de son magasin et nous a raconté sa carrière, sa vision du métier d’opticien et de sa spécialité d’optométriste.

photo opticien Richard Tzaroukian

Les heureux hasards de la vie

Richard ne se destinait pas au métier d’opticien au départ. Sportif de haut niveau, il partage alors sa carrière entre le métier de moniteur de ski pendant 10 ans durant les saisons d’hiver et ses stages de planche à voile l’été. Il vit à 100 à l’heure ! Pourtant, suite à l’accident d’un de ses amis il réfléchit et décide de se réorienter. Il choisit la profession d’opticien. Sa curiosité le guide à faire un stage de lentilles pour se perfectionner. C’est là qu’il rencontre sans le savoir la personne qui changera sa vie professionnelle. L’histoire est amusante ! Alors qu’il avait complètement perdu de vue son formateur qu’il n’appréciait pas particulièrement, il est amené à lui donner une journée entière de cours de ski par le plus grand des hasards et suite à cette rencontre fortuite, il obtient à la fin de la journée, la proposition de devenir gérant de sa boutique aux Lilas. Ce qu’il accepte !

« Le métier d’opticien, c’est habiller un visage ! »

Pour Richard, une des choses les plus importantes dans le métier d’opticien c’est apporter autre chose que ce que l’on voit partout et essayer d’avoir quelques collections un peu pointues pour répondre à un besoin de mode et faire la différence.

Très exigeant, envers lui-même et les autres, il trouve que le minimum c’est d’avoir un magasin propre et accueillant, un personnel respectueux et humble, qui présente bien, pour pouvoir se démarquer de la concurrence !

Aux Lilas, beaucoup de musiciens viennent dans sa boutique, les plus connus étant Catherine Ringer ou encore Louis Bertignac. Pour dénicher ses plus beaux modèles, il aime se promener dans Paris et dans les boutiques de créateurs pour trouver les montures qui sortent de l’ordinaire et seront susceptibles de plaire à sa clientèle. Pour lui un modèle pointu n’est pas un modèle farfelu, car la simplicité, le design et la pureté des formes est quelque chose qu’il apprécie tout particulièrement. Il aime porter lui-même des lunettes originales et en changer régulièrement pour monter à ses clients que l’on peut oser habiller son visage !

Très bien équipé dans son magasin, avec un matériel high tech, il aime encore toutefois effectuer des opérations à la main comme réparer des branches de lunettes ou adapter des montures selon les désirs de ses clients !

Une fois par semaine, il se rend à l’hôpital pour exercer sa spécialité.

Sa spécialité d’optométriste : un enrichissement personnel et intellectuel.

Dans sa spécialité lentilles de contact sa plus grande satisfaction est la capacité de pouvoir rendre la vue à des personnes. Lors de ses vacations au Centre Hospitalier National d’Ophtalmologie des Quinze-Vingts à Paris, il adapte des lentilles de contact sur des personnes qui ont des pathologies compliquées comme des greffes de cornées ou des kératocônes, une maladie dégénérative qui donne une forme conique à l’œil. Ces personnes ne peuvent pas porter de lunettes en raison de leur cornée irrégulière. Les lentilles sont alors la seule option car elles s’adaptent aux défauts de la cornée. Ces patients vivent le plus souvent avec 1 ou 2 dixièmes et l’adaptation de lentilles leur permet de retrouver parfois jusqu’à 8, 9 dixième. Richard nous a confié une anecdote.

« L’autre jour, j’ai équipé un monsieur avec des lentilles et pendant que je le faisais lire, j’ai entendu des pleurs étouffés derrière moi. C’était l’épouse de ce monsieur, qui pleurait et me remerciait entre deux sanglots. Le monsieur aussi n’arrêtait pas de me remercier et j’ai retenu ce qu’il m’a dit : « Je pars dans ma famille et ça fait peut-être fait dix ans que je n’ai pas vu le vrai visage de ma mère, je vais pouvoir le revoir, enfin. » 

Richard Tzaroukian est un opticien passionné et une belle personne qu’il a été un plaisir de rencontrer. Nous le remercions chaleureusement pour sa gentillesse et pour le temps qu’il nous a consacré. Pour lui le métier d’opticien ne se résume pas au chiffre d’affaires d’une boutique, mais aux hommes et aux femmes qui veillent tous les jours sur la vue de leurs clients.