La technologie 3D déconseillée pour la vision des plus jeunes

Depuis le film Avatar en 2009, la 3D s’est fortement développée et généralisée au cinéma comme sur consoles de jeux et téléviseurs, appréciée des grands comme des petits. L’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) met en garde, dans un rapport publié début novembre, contre l’utilisation de ces technologies 3D pour les plus jeunes.

 enfants cinema 3d

Il existe aujourd’hui une offre de produits équipés de la technologie 3D de plus en plus grande sur le marché. C’est dans ce contexte que l’Anses s’est autosaisie afin d’évaluer les risques sanitaires potentiels liés à l’usage de l’ensemble des technologies audiovisuelles 3D, notamment pour la vision des enfants et des adolescents en cas d’exposition prolongée.

La littérature scientifique disponible a permis d’identifier des symptômes liés à l’exposition aux interfaces audiovisuelles en 3D résultant de la fatigue visuelle due au « conflit accommodation-vergence ».

enfant inconfortQu’est-ce que le « conflit accommodation-vergence » ?

L’accommodation est la déformation du cristallin de chaque œil pour obtenir une vision nette. Lorsque le cristallin vieillit et arrive moins bien à s’accommoder, c’est signe d’une maladie des yeux dégénérative : la cataracte.

La vergence, elle, est l’orientation des yeux.

Pour percevoir la profondeur et le relief dans le monde réel, les yeux doivent converger, c’est-à-dire avoir la même orientation, et s’accommoder à la même distance de l’objet observé. Or, la technique de la restitution stéréoscopique (en 3D) ne permet pas de respecter ce principe physiologique. L’accommodation et la vergence des yeux ne se font ainsi pas à la même distance.

Quels symptômes cet inconfort visuel peut-il entraîner ?

Outre la fatigue visuelle pouvant entrainer une sensation d’œil sec, des maux de tête ou encore une vision trouble et des pertes de concentration, d’autres symptômes peuvent apparaître, notamment des vertiges ou des altérations de la perception de l’environnement. Ces effets restent toutefois encore mal étudiés et l’Anses estime nécessaire de mener des recherches supplémentaires.

« Chez l’enfant, en particulier avant l’âge de 6 ans, des effets sanitaires plus marqués liés au « conflit accommodation-vergence » des yeux pourraient apparaître, du fait du développement actif du système visuel pendant cette période (accommodation, vergence, maturation des voies visuelles, etc.), et ce d’autant plus que la qualité des contenus 3D, en matière de confort visuel, s’avère très hétérogène, malgré l’existence de recommandations techniques. » précise l’Agence.

Quelles sont les recommandations à suivre ?

Suite à ces premières recherches, l’Anses déconseille l’exposition aux technologies 3D aux enfants de moins de 6 ans, dont le système visuel est encore immature.

Elle recommande également :

  •  que les enfants de moins de 13 ans aient un usage modéré des technologies 3D, et qu’ils soient, ainsi que leurs parents, attentifs aux éventuels symptômes induits ;
  • que les personnes sujettes à certains troubles visuels (troubles d’accommodation, de vergence, etc.) et de l’équilibre limitent leur exposition à ces technologies.
     

 Afin de limiter la fatigue visuelle et les éventuels autres symptômes dus à la 3D, l’Anses recommande aussi :

  • aux personnes ressentant des symptômes lors de l’exposition à des interfaces en 3D de limiter leur temps d’exposition et de consulter un ophtalmologiste afin de dépister d’éventuelles pathologies ;
  • de ne pas se positionner trop proche de l’écran ;
  • de respecter les instructions des constructeurs de dispositifs 3D ;
  • de conserver ses corrections optiques (lunettes de vue ou lentilles de contact) pendant la visualisation de contenus en 3D si vous en avez ;
  • aux créateurs de contenus 3D de limiter les effets produits en respectant les recommandations techniques existantes visant à produire des contenus de qualité.

 

Enfin, l’Anses incite à la sensibilisation des professionnels médicaux et paramédicaux de la petite enfance et des ophtalmologistes sur les mécanismes mis en jeu lors de la visualisation d’interfaces en 3D. Ainsi, ils seront en mesure d’informer les parents des symptômes et risques potentiels mais aussi des moyens d’y remédier.